Pour Que Cela Cesse...

Un jour comme les autres se lève sur la savane environnante. Il n’est que 5h30 mais déjà tout le village est en émoi. Pour moi, âgée maintenant de 15 ans, ce ne sera pas un jour comme les autres, ce sera un des jours les plus importants de ma vie. Ma famille a décidé qu’il était venu le temps de quitter l’enfance, de devenir une jeune fille prête au mariage. Qui sait, peut-être viendra-t-il demain celui qui demandera ma main ?
Pour être une femme Samburu, je dois obligatoirement subir l’excision. Personne ne voudra m’épouser si je ne me soumets pas à ce rite, si je me refuse à cette cruauté, à ces heures de souffrance dont m’ont déjà parlé les anciennes de la famille.
Hier soir, je me suis fait raser la tête et enduire de la couleur ocre, obtenue d’un mélange de graisse de vache et d’argile rouge. Je n’ai pas dormi, en pensant à la cérémonie dont je serai bien malgré moi la vedette, en écoutant les histoires du temps passé.
Les premières lueurs du levant s’annoncent, l’exciseuse a fait son entrée dans la case, toute souriante, l’arme du crime à la main. Je ne me plaindrai pas, la lame Gillette est neuve, encore propre et bien coupante.
L’angoisse me saisit tout le corps, je me mets à trembler de tous mes membres. Dans un éclair, je revois mes compagnes, excisées avant moi, les yeux dilatés par la douleur, tout leur être révolté sous cette mutilation définitive. Mais je dois cacher ma peur, ma mère est là à m’observer, prête a toute remontrance et à me rappeler le bon comportement pour la circonstance…pas un cri, pas un pleur, pas un mouvement….
Soudain, tout se précipite, on me pousse en dehors de la hutte, il fait encore froid, il n’y pas que l’angoisse qui me fasse trembler. La peau de vache est déposée en hâte à l’entrée et, perdue dans ma peur, j’entends les voix qui m’enjoignent de retirer ma robe, d’exposer ma nudité de jeune fille.
Je m’exécute, mais je ne vois plus rien autour de moi…je dois me concentrer sur le refus de la douleur.
Soudain, il fait plus froid encore….on vient de m’asperger d’un mélange de lait et d’eau…trois femmes m’obligent à m’asseoir, deux m’écartent les jambes avec force, une me maintient le dos…
Je vois la Gillette, les doigts de l’exciseuse qui cherchent dans mon intimité les points les plus sensibles, tout ce qui aurait pu faire de moi une femme à part entière.
Apres, je ne sais plus….Une douleur si vive, si intense, répétée par trois fois m’a déchirée….mais je n’ai pas crié, je n’ai pas bougé…j’ai plissé les yeux, serré les dents autant qu’il est possible…
Quand je rouvre les yeux, je suis assise dans une mare de sang, qui s’agrandit…le sang coule toujours, mais l’opération semble satisfaire l’assistance et pour panser mes plaies, on y applique sans la moindre délicatesse de la graisse de vache.
Je dois me relever, retourner sur ma couche préparée spécialement à cet effet, et me reposer. Une plainte m’échappe, je n’en peux plus. Ma mère me rappelle vite à l’ordre, ce serait honteux qu’un homme de passage m’entende gémir.
On me laissera seule avec ma peine, mon corps abîmé à jamais, jusqu'à l’heure ou je serai forcée de boire le mélange de sang et de lait, préparé spécialement pour moi, pour reprendre des forces.
Je suis enfin une femme, je suis désormais prête à être vendue à l’homme qui pourra payer le nombre de vaches exigées par mon père.
De par l’excision, je suis mure, je suis propre, je suis enfin a même de donner naissance à des enfants sains qui feront la fierté de mon mari et de sa famille.
Jeune fille Samburu, cinq minutes avant la mutilation definitive...


Random Pics



Share this with a friend

Your Name
Your Email
Friends Emails (at least 1)
Confirm email
1
2
3
4
5
  


Subscribe for more Fun

Receive best fun forwards in your inbox.

Confirm email
Your Email



Add Your Comments

comments powered by Disqus